
Un syndic peut-il refuser les chèques ? Ce que dit la loi, et pourquoi LDJ Immobilier passe au prélèvement
La réponse en trois lignes
Oui, un syndic peut refuser les chèques. La loi du 10 juillet 1965 oblige chaque copropriétaire à régler ses charges au syndicat des copropriétaires ; elle n'impose aucun moyen de paiement. Le chèque n'a pas cours légal, et un créancier peut le refuser dès lors qu'il en a informé les personnes concernées à l'avance.
C'est le choix de LDJ Immobilier : à compter du 1er octobre 2026, notre service syndic n'accepte plus les chèques. Les copropriétaires en ont été informés le 14 septembre 2026. Le virement et le prélèvement, ponctuel ou automatique, restent à votre disposition, et le prélèvement automatique est la solution que nous recommandons.
Cet article explique le cadre juridique, démonte cinq idées reçues sur le chèque et détaille ce qui change concrètement pour vous.
Ce que dit la loi
Les charges sont dues au syndicat, pas au syndic. Le syndicat des copropriétaires est une personne morale distincte. Le syndic n'est que son mandataire : il appelle les fonds et les encaisse pour le compte du syndicat, sur un compte bancaire séparé ouvert au nom de celui-ci (article 18 de la loi n° 65-557 du 10 juillet 1965).
Les provisions sont exigibles à date fixe. L'article 14-1 de la même loi rend les provisions sur budget prévisionnel exigibles le premier jour de chaque période votée en assemblée générale. Ni cette loi ni le décret n° 67-223 du 17 mars 1967 ne prévoient de moyen de paiement particulier, et aucun texte n'oblige un syndic à accepter les chèques.
Le chèque peut être refusé, à une condition. Seuls les billets et les pièces en euros ont cours légal en France. Le chèque est un moyen de paiement facultatif : le ministère de l'Économie rappelle qu'un professionnel peut le refuser, à condition d'en informer préalablement sa clientèle. C'est précisément l'objet de l'information adressée aux copropriétaires le 14 septembre 2026, plus de quinze jours avant l'entrée en vigueur de la mesure.
Cinq idées reçues sur le chèque
« Le chèque est un moyen de paiement obligatoire. » Non. Aucun texte n'impose à un créancier d'accepter un chèque. Il peut le refuser dès lors qu'il l'a annoncé à l'avance, ce qui est le cas ici.
« Le chèque est plus sûr que le prélèvement. » C'est l'inverse. Selon le rapport 2025 de l'Observatoire de la sécurité des moyens de paiement, publié par la Banque de France le 9 septembre 2026, le chèque ne représente plus que 1,9 % des paiements en France mais concentre 18,5 % du montant de la fraude, soit 229 millions d'euros. Son taux de fraude, 0,069 %, est le plus élevé de tous les moyens de paiement : 0,047 % pour la carte, moins de 0,002 % pour le virement. Et dans 62 % des cas en montant, tout commence par un chèque volé ou perdu, souvent dans une boîte aux lettres.
« Le prélèvement donne au syndic accès à mon compte. » Non. Le mandat de prélèvement SEPA autorise uniquement le syndicat à présenter vos appels de fonds, pour leur montant exact, aux échéances votées en assemblée générale. Vous pouvez le révoquer à tout moment auprès de votre banque, et vous pouvez demander à celle-ci le remboursement d'un prélèvement dans les huit semaines qui suivent le débit (article L. 133-25 du Code monétaire et financier). Vous gardez la main.
« Le virement, c'est compliqué et payant. » Le virement SEPA est gratuit en ligne dans la plupart des banques et prend moins d'une minute depuis votre application. L'IBAN de votre syndicat figure sur chaque appel de fonds : vous l'enregistrez une fois comme bénéficiaire, puis il vous suffit d'indiquer le montant et votre référence.
« Un chèque à l'ordre de l'agence, c'est pareil. » C'est l'erreur la plus fréquente, et elle n'est pas anodine. Vos charges sont dues au syndicat des copropriétaires, qui possède son propre compte bancaire. Un chèque libellé à l'ordre de LDJ Immobilier ne peut pas y être encaissé : il doit vous être retourné, puis réémis, et pendant ce temps votre compte de charges reste débiteur.
Rémi Le Digol, gérant de LDJ Immobilier
Pourquoi ce choix, et ce qui change pour vous au 1er octobre 2026
Le virement et le prélèvement sont plus rapides, plus fiables et plus faciles à tracer. La règle est d'ailleurs déjà en vigueur en gestion locative pour le règlement des loyers. Nous l'étendons au syndic avec le même objectif : réduire les tâches administratives sans valeur ajoutée et consacrer le temps gagné à la gestion effective de votre copropriété.
Concrètement, à compter du 1er octobre 2026, trois modes de règlement restent à votre disposition :
- Le virement bancaire, sur le compte de votre syndicat des copropriétaires. Ses coordonnées bancaires figurent sur chacun de vos appels de fonds.
- Le prélèvement ponctuel, à votre demande, pour un appel de fonds déterminé.
- Le prélèvement automatique, que nous recommandons : un mandat SEPA signé une seule fois, et chaque appel de fonds est réglé à son échéance, sans retard, sans relance et sans risque d'oubli.
Pour mettre en place le prélèvement, demandez le mandat SEPA à votre gestionnaire ou dans votre agence LDJ Immobilier : nous vous aidons à le compléter. Un chèque reçu après le 1er octobre 2026 ne sera pas encaissé et vous sera retourné ; votre appel de fonds reste dû à son échéance.
Questions fréquentes
Le prélèvement automatique m'engage-t-il définitivement ? Non. Le mandat SEPA se révoque à tout moment, sur simple demande à votre banque, en informant votre gestionnaire.
Puis-je contester un appel de fonds si je suis prélevé ? Oui, exactement comme avant. Le montant prélevé est celui de l'appel de fonds issu du budget voté en assemblée générale ; toute question ou contestation se traite avec votre gestionnaire, et le prélèvement ne vous prive d'aucun recours.
Je n'utilise pas la banque en ligne : comment faire ? Le prélèvement automatique est justement la solution la plus simple : un mandat signé une fois, et plus rien à faire ensuite. Un virement peut aussi être ordonné au guichet de votre banque.
Cette règle s'applique-t-elle aussi en gestion locative ? Oui, elle y est déjà en vigueur : les loyers se règlent par virement ou par prélèvement.
Où trouver l'IBAN de mon syndicat ? Sur chacun de vos appels de fonds. En cas de doute, votre gestionnaire vous le confirme.
Sources et références
- Loi n° 65-557 du 10 juillet 1965 fixant le statut de la copropriété des immeubles bâtis, notamment ses articles 14-1 et 18 (Légifrance).
- Décret n° 67-223 du 17 mars 1967 pris pour l'application de la loi du 10 juillet 1965.
- Ministère de l'Économie – Cartes bancaires, chèques, espèces : quels moyens de paiement pouvez-vous refuser ?
- Banque de France – Rapport 2025 de l'Observatoire de la sécurité des moyens de paiement (publié le 9 septembre 2026).
- Code monétaire et financier, article L. 133-25 (remboursement des opérations de prélèvement).
Article rédigé par Rémi Le Digol, fondateur et gérant de LDJ Immobilier, syndic de copropriété à Perpignan, Canet-en-Roussillon, Le Barcarès, Prades et Amélie-les-Bains. Titulaire du Master Droit des affaires, parcours Juriste de copropriété (Université Toulouse Capitole).

Obtenez la valeur de votre bien en quelques secondes
Publié le 15/09/2026 par
Rémi LE DIGOL
Depuis 2018, je développe LDJ Immobilier, un groupe indépendant de 6 agences et 30 collaborateurs implanté dans les Pyrénées-Orientales.
Transaction immobilière, gestion locative et syndic de copropriété : nous intervenons sur l’ensemble de la chaîne immobilière avec une exigence constante — conjuguer performance, proximité et qualité de service.
En parallèle, je dirige plusieurs structures dans l’investissement immobilier, le marchand de biens et la location courte durée. Cette vision globale du secteur me permet d’accompagner aussi bien les particuliers que les investisseurs, les propriétaires bailleurs et les copropriétaires.
Avant l’immobilier, j’ai servi près de sept années dans la Gendarmerie nationale. Une expérience qui a profondément façonné ma manière de travailler : rigueur, engagement, leadership, sens du collectif et capacité à décider sous pression.
Titulaire d’un Master 2 Droit des affaires, parcours Juriste de copropriété, obtenu à l’Université Toulouse Capitole, j’ai également enseigné la transaction et la communication en BTS Professions Immobilières.
Une conviction : bien utilisée, la technologie ne remplace pas l’humain. Elle lui permet de se recentrer sur l’essentiel — la réflexion, l’échange, la relation et la qualité du service rendu.
Toujours curieux. Toujours en mouvement.


